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L’hypnose conversationnelle pour le traitement des traumas

En septembre, je me forme en hypnose conversationnelle pour le traitement des traumas. Pourquoi, selon moi, est-elle particulièrement adaptée au traitement des traumas et en particulier les traumas sexuels ?

Il existe des similitudes entre la transe hypnotique et la symptomatologie traumatique, par exemple :

  1. La dissociation
    Le sujet, en transe hypnotique, opère une dissociation, tout comme la personne traumatisée (voir le concept de dissociation traumatique).

  2. La suggestibilité
    La personne en état de transe hypnotique se trouve dans un état d’attention et de réactivité accru, de manière automatique face aux suggestions du thérapeute, tout comme la personne traumatisée l’est face aux déclencheurs de sa mémoire traumatique (exemple : image, son, odeur, situation, personne, …).

  3. L’attention focalisée sur son monde intérieur
    En hypnose, la personne est focalisée sur sa réalité interne, tout comme une personne traumatisée peut l’être de manière involontaire et incontrôlable sur des pensées liées au trauma ; absorbée par des réminiscences.

Lorsqu’une personne subit les manifestations de son stress post-traumatique, elle vit en quelque sorte des transes hypnotiques négatives par auto-hypnose. Quand le thérapeute utilise l’hypnose pour le traitement de traumas, le patient et lui vont ensemble transformer ces moments en des transes positives contrôlées. Il s’agit de se baser sur les capacités, compétences et expériences du patient.

Lorsqu’un thérapeute utilise l’hypnose, il doit être attentif à trois points :

Premièrement, en cas de mutisme du patient, il convient d’en interroger le sens. Qu’en est-il du vécu intérieur de la personne ? Il faut s’assurer que le patient n’est pas en train de vivre des réminiscences ; ce que l’hypnose conversationnelle permet.

Deuxièmement, il faut prendre garde d’éviter le phénomène de « victimisation secondaire » du patient ; c’est-à-dire de renforcer son trauma à l’occasion d’une prise en charge inadaptée, de paroles indélicates par exemple.

Enfin, un problème de transfert peut survenir en hypnose « classique » dans le cadre de traumas relationnels. J’appelle « relationnels » les traumas pour lesquels un auteur est identifié ainsi qu’une victime ; sont donc exclus les catastrophes naturelles et les attentats, par exemple. Dans ce type d’hypnose, la personne peut se retrouver passive et/ou mutique et se sentir impuissante. Des comportements et des ressentis automatiques et involontaires peuvent être suscités par les suggestions du thérapeute. Ce moment rappelle alors fortement la situation traumatique et/ou la relation avec l’auteur à l’origine du trauma et peut donc réactiver les sentiments associés.  Si les émotions liées à un trauma de type relationnel sont réactivées, un transfert des sentiments que la victime avait/a envers l’agresseur peut se produire envers le thérapeute. Ceci mettra à mal la relation thérapeutique et se doit donc d’être évité. De ce fait l’hypnose « classique » est moins adaptée au traitement des traumas relationnels ; on lui préférera l’hypnose conversationnelle.